En marche vers le brevet

Cette année plus de 700 000 élèves ont obtenu leur diplôme national du brevet.

Précisément 704 200. Ce qui pour 808 200 candidats présents conduit à un de taux de réussite de 87,1 %. Magnifique. D’autant plus que si 12,9 % des candidats ont échoué à l’examen, 22,6 % des candidats l’ont obtenu avec une mention très bien et 22,2 % des candidats avec une mention bien.

Mais ces brillants résultats masquent un autre phénomène : en 2017 le taux de réussite au même examen avait été de 89 %. C’est donc un véritable repli qu’a connu l’année 2018. Et en fait le premier repli significatif dans une longue série en irrésistible progression depuis 1987, année où le taux constaté ne dépassait pas 62,4 %. Nos collégiens français, qui depuis trois décennies voyaient leur réussite toujours plus affirmée seraient-ils en passe de devenir des cancres ?

Une rapide réflexion permet de se rassurer ; Continuer la lecture

Potard reste à sa place

Qui se souvient de la grippe de cet hiver ?

Des services d’urgences débordés par l’afflux de malades, des hôpitaux peinant à leur trouver des lits. Tout cela dans la sixième puissance économique mondiale, au modèle social si développé.

Encore une conséquence  des coupes budgétaires imposée par l’orthodoxie bruxelloise ? Moins d’argent, moins de lits et moins de personnels, et l’hôpital public se retrouverait incapable de faire face.

Surtout que la grippe est loin d’être inconnue. C’est une maladie banale dont le retour régulier est prévisible, et le traitement bien maîtrisé : Continuer la lecture

L’Etat ne peut pas tout. Pas pas du tout.

En 1979 triomphant de la Deuxième gauche incarnée par M. Rocard, M. Mitterrand sort vainqueur du congrès du parti socialiste de Metz ; il sera le candidat du PS au scrutin présidentiel de 1981. Il est soutenu par M. Fabius qui, de la tribune, a lancé qu’ « Entre le marché et le plan, il y a le socialisme !» et M. Jospin, qui devient premier secrétaire du PS.

Vingt ans plus tard, après que Laurent Fabius ait été en 1984 le plus jeune Premier ministre de la République, poste auquel il poursuivra  la « politique de la rigueur », Continuer la lecture

Tribun des bois

 

Liberté, égalité, fraternité.

Belle devise. Mais qui se heurte aux faits.

Notre pays connaît une situation profondément inégale : quelques privilégiés gagnent énormément d’argent et l’immense majorité beaucoup moins. La fraternité est tout aussi bafouée : ceux qui gagnent cet argent exercent des métiers à l’utilité bien contestable. Le paysan, qui nous nourrit, n’a pas le revenu du footballeur habile à dribbler, l’infirmière qui se dévoue pour sauver des vies, perçoit un bien maigre salaire Continuer la lecture

La route magique

C’est sans doute la période qui explique cela. C’est en effet au coeur de l’été, le 28 juillet 2016 que le président de la République avait fait son incroyable annonce. Pourtant passée quelque peu inaperçue.

Qu’on en juge : le président inaugurait ce jour là le premier grand chantier d’un important programme de projets d’infrastructures publiques Continuer la lecture

Des comptes trop courts

emprunt toxique

En 2006, la Métropole de Grenoble devait payer les travaux du stade des Alpes. Lors de la séance du conseil métropolitain du 24 novembre 2006, Madame Fioraso, alors première vice-présidente chargée des finances, a proposé au vote un programme d’emprunts pouvant atteindre 120 millions d’euros, dont 40 auprès de la banque Dexia .

Elle a expliqué en séance : « On bénéficie de taux bien plus avantageux si l’on négocie une somme globale. Oui, le taux est beaucoup plus intéressant, cela ne veut pas dire que l’on dépense tout ». Les élus de droite et écologistes ont voté contre mais la délibération a été adoptée.

Finalement la métropole a emprunté 25 millions d’euros auprès de Dexia. Avec une formule d’évolution des taux bien particulière, puisque faisant intervenir la parité de l’euro contre le franc suisse (EUR/CHF) :

  • tant que le taux de change EUR/CHF > 1,45 : Taux fixe = 4,34 %
  • sinon : taux = 6,14 % + 65 %* (1,45/EUR/CHF – 1). Par exemple, si la parité CHF/EUR revient à 1,45 le taux devient 6,14 % et si elle descend à 1,10 le taux d’intérêt est égal à 26,82 %

Que vient faire la parité euro/franc suisse dans cette opération de financement ? A vrai dire rien mais en contrepartie le taux était un peu inférieur à celui d’un emprunt à taux fixe « classique ». Certes on ne pouvait anticiper l’évolution du taux de change mais l’économie était réelle pour le budget 2007. Et comme à l’époque la parité était de 1,65 le risque était bien minime…

D’autant plus que la Métropole de Grenoble n’était pas en très bonne situation financière : son épargne nette (différence entre l’autofinancement et le remboursement du capital de la dette) était proche de zéro. Et comme les collectivités locales n’ont pas le droit de voter un budget avec une épargne nette négative souscrire de tels emprunts fin 2006 permettait de dégager quelques marges de manoeuvre bien utiles pour assurer en 2007 de nouvelles dépenses indispensables avant des élections municipales prévues en mars 2008.

On sait ce qu’il en est advenu de l’euro face au franc suisse : dès 2010 le cours de 1,45 était enfoncé. Et aujourd’hui il tourne autour de 1,10.  Conséquence, les emprunts sont devenus « toxiques ». La faute à Dexia qui a inventé des produits pour tromper des collectivités bien faibles devant une banque trompeuse ?

En fait aucun particulier, aucune entreprise ne souscrit à des conditions aussi étranges où l’on échange un faible gain certain et immédiat contre une forte perte peu probable dans le futur. Cela ne répond guère aux règles de simple prudence et de bonne gestion financière qu’on attend d’une collectivité dépensant l’impôt.

Et le président de la métropole – contrairement à d’autres élus- a eu la décence d’éviter de se poser en victime.

Il est vrai qu’il se nomme Didier Migaud.

Depuis lors nommé premier président de la Cour des comptes.