Le gouvernement préfère les riches


Oncle Picsou

En tout cas pour diriger les entreprises publiques. Par un décret du 26 juillet 2012 il a décidé de plafonner la rémunération des dirigeants d’entreprises publiques à 450 000 euros annuels. Ce montant brut inclut tous les éléments de rémunération, notamment les primes et les avantages en nature ; il correspond à un revenu net de l’ordre de 30 000 euros par mois, avant impôts.

Ce n’est pas la misère.

Mais – surprise – le gouvernement peinerait pour les plus grosses de nos entreprises publiques à trouver des candidats. Toucher en un an pour diriger AREVA, EDF ou La Poste ce que gagne en un mois M. Lloris pour garder les cages du club de football de Tottenham ne serait pas attirant, au vu des contraintes, en particulier politiques, de ces postes.

D’autant plus qu’une telle rémunération est plutôt inférieure à celle d’un notaire ayant une bonne étude ou d’un architecte en chef des monuments historiques à Paris, tous officiers ministériels en situation de monopole et dont, sans minorer le talent, on doit bien reconnaître qu’ils gèrent des enjeux plus réduits. A vrai dire il n’est pas certain qu’une telle rémunération garantisse après impôts un niveau de vie supérieur à celui du maire d’une grande ville. Bien sûr ce dernier touche des indemnités beaucoup plus faibles mais une grande partie de son train de vie est assurée par ailleurs. Sans parler de certains sous-préfets à qui la Nation accorde résidence de fonction de  400 m2 et plus, personnel de service et frais de réception correspondants.

In fine les seuls candidats d’expérience à ces postes de dirigeants seraient donc des hommes et des femmes dégagés des contingences matérielles, disposant d’une fortune personnelle suffisante, gagnée ou héritée, motivés par l’intérêt ou la visibilité de ces fonctions.

Est-ce un gage de bonne gestion ?

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