Le diable est mort

 

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Le diable était occidental.

Au départ, au XIIIe siècle ce sont les Eglises les plus orthodoxes qui après avoir poursuivi l’hérésie y avaient associé la magie noire. Puis elles avaient décidé que, tout comme la magie noire, la magie blanche, plus ou moins innocente, reposait elle aussi sur un pacte préalable avec le diable. Avant que les Etats ne reprennent le flambeau.

C’est ainsi qu’à partir du XVIe siècle et à travers toute l’Europe les procès pour hérésie menés par l’Eglise ont débouché sur des procès pour sorcellerie menés par les tribunaux laïques.

Mais les mentalités vont évoluer et le crime de sorcellerieprogressivement disparaître. En France la décriminalisation de la sorcellerie est de fait dès 1624 ; les derniers sorciers condamnés sont deux bergers de Brie brûlés et pendus en 1691. Encore étaient-ils  « assez sots pour se croire sorciers et assez méchants pour mêler des poisons réels à leurs sorcelleries imaginaires » nous apprend Voltaire. Il en est de même en Angleterre où les procès de sorcellerie s’interrompent dès 1610, même  si la loi contre la sorcellerie ne fut définitivement abolie qu’en 1736. Ailleurs en Europe l’évolution fut plus tardive puisqu’en 1750 encore des sorcières sont brûlées en Allemagne. Mais la dernière sorcière européenne condamnée à mort par les autorités fut une certaine Anna Göldin décapitée en 1782 après un verdict du tribunal  de Glaris, en Suisse protestante.

Certes la vindicte populaire continua de traquer la sorcellerie : on trouve trace en France d’une femme accusée de sorcellerie brûlée par des paysans en  juillet 1826, et d’une autre en jetée dans un four en 1856 encore, mais les autorités condamnent ces agissements et recherchent les meurtriers.

On apprend qu’en juin 2015 les djihadistes du groupe Etat islamique ont décapité deux femmes,  mises à mort avec leurs maris pour « sorcellerie et magie ». Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) « L’EI a exécuté deux femmes par décapitation dans la province de Deir Ezzor (est). C’est la première fois que l’OSDH documente une exécution de femmes de telle manière en Syrie« .

M. Valls, le premier ministre, s’est fait largement critiquer lorsqu’il a utilisé face au « terrorisme » du groupe  Etat islamique  le terme de « guerre de civilisation » .

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