Mobilisation

Mobilisation

Le 6 décembre 2015 au soir, à l’issue du premier tour des élections régionales le constat est clair : le Front national est le grand vainqueur. Le parti de Marine Le Pen arrive en tête dans au moins une majorité de communes en France, et réalise des scores jamais atteints.

Mais une semaine plus tard, au soir du second tour le Front national n’obtient aucune région.

M. Juppé d’est félicité de cet échec qu’il a vu comme « un signe de bonne santé de notre démocratie ». Tous les commentateurs notent que l’abstention a beaucoup reculé entre les deux tours. Et nombre d’entre eux de mettre en avant un « sursaut de mobilisation qui aurait bénéficié au  front républicain».

Ainsi en Provence-Alpes-Côte-d’Azur, M.Estrosi pourtant largement derrière son opposante au premier tour et finalement élu avec l’appui de la gauche aurait été  « sauvé par le sursaut républicain ».

De même Mme Hidalgo, a salué le « sursaut républicain » des électeurs face au FN estimant qu’il « honore notre société ». « Je salue la mobilisation républicaine : ce soir, aucune région n’a remis les clés de son avenir entre les mains du Front National ». a-t-elle déclaré.

M. Le Guen le secrétaire d’État chargé des Relations avec le Parlement, pour sa part s’est inquiété de la « dérive permanente du discours de M. Sarkozy qui est extraordinairement préoccupante pour la République en général et pour sa formation politique ». « On voit bien que cette stratégie qui est la sienne a échoué dimanche dernier a-t-il dit déclaré. A vrai dire ce qu’il reproche à la stratégie de M. Sarkozy ce n’est pas tant cet échec qui de la part de son adversaire ne saurait lui déplaire mais qu’ elle « met en danger le sursaut républicain ».

Regardons les chiffres.

Dans les trois régions les plus emblématiques, celles où le Front National est arrivé en tête – Provence-Alpes-Côte d’Azur, Nord–Pas-de-Calais–Picardie et Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine – la participation a progressé très significativement entre les deux tours, de 6 à 11 points.

La mobilisation a été réelle.

Mais pas vraiment contre le Front National : au résultat tous les candidats du parti d’extrême droite ont maintenu ou amélioré leurs scores de quelques points. A regarder plus précisément, seul le vote blanc a connu une réelle progression.

Mme Le Pen et ses affiliés ont perdu parce qu’ils n’ont pas recueilli la majorité des voix. Ni plus ni moins.

De l’art de ne voir que ce que l’on veut voir.

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