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Les malheurs de François

Chaton triste

François est né il y a 38 ans à Aurillac. Son père, un auvergnat de souche, y tenait une boutique de reprographie tandis que sa mère – une bretonne – enseignait l’anglais au lycée de la ville.

Quand il a neuf ans sa famille quitte l’agglomération aurillacoise pour rejoindre Chamalières, près de Clermont-Ferrand. Au collège il connaît un moment de célébrité lorsque ses camarades le désignent pour les représenter au conseil régional des jeunes d’Auvergne. Elève précoce il obtient en 1995, à 17 ans, son baccalauréat scientifique avec la  mention « Assez Bien ». Mais aux sciences il préfère le droit public, qu’il va étudier à l’université de Clermont-Ferrand-I. En 1999, le jeune homme rejoint Paris pour y poursuivre ses études à l’université Panthéon-Sorbonne ; François obtient un DESS de Science politique – Spécialité Administration du politique en 2001.

Pour son stage de fin d’études il sollicite trois hommes politiques dont M. Bartolone, alors ministre de la ville, qui le retient. A l’issue du stage il le  recommande à Mme Lepetit, toute récente maire du 18e arrondissement de Paris. François en devient immédiatement le collaborateur.

Il est chargé des questions relatives à la sécurité et la toxicomanie et participe activement à l’élaboration du contrat local de sécurité de l’arrondissement. Il s’inscrit au Parti Socialiste. Et tout naturellement, d’agent municipal il devient collaborateur de cabinet puis en 2008 candidat aux élections municipales. A vrai dire, et M. Vaillant le maire d’arrondissement n’en fait pas mystère, avoir sur sa liste un homme jeune et auvergnat dans un arrondissement populaire où bien peu d’électeurs sont des Parisiens de souche est un bon choix. Il est élu au Conseil de Paris et désigné comme adjoint au maire de Paris, chargé de la prévention et de la sécurité.

A peine élu François est appelé au conseil national du Parti socialiste et en 2012 à son bureau national. Lors de la campagne des élections municipales de 2014 à Paris, il est l’un des porte-parole de Mme Hidalgo. Mais si la future maire le pousse pour prendre la tête de liste dans le 18e arrondissement, M Vaillant lui préfère un autre successeur. C’est le premier accroc dans cette belle ascension. Vite corrigé puisqu’en mai 2014 il devient secrétaire national du Parti socialiste chargé des questions de sécurité, et quelques mois plus tard secrétaire d’État à la Politique de la Ville. Il est le benjamin du gouvernement.

Et sa progression ne s’arrête pas là : en septembre 2015 il est nommé  ministre du Travail. Sa promotion imprévue à ce poste de premier plan étonne. Comment un jeune homme dont la carrière politique se limite à adjoint municipal mais n’a jamais été parlementaire et n’a aucune formation ni expérience personnelle du milieu de l’entreprise ou du droit du travail peut-il avoir été choisi pour ce ministère ?

Début 2016 François se retrouve chargé d’un projet de loi réformant le Code du travail, reprenant l’essentiel du projet dit « Nouvelles opportunités économiques » qui avait été préparé par M. Macron.

Mais ce projet de loi suscite une forte opposition. Un des anciens collègues de François à la mairie de Parie déclare être « humainement, personnellement et politiquement déçu » qu’il porte ce projet et la maire elle-même en demande le report. François est dépassé par les critiques de tous bords. La presse et les commentateurs politiques lui font un procès en incompétence : François est trop jeune, trop inexpérimenté, trop mal formé, trop dépendant du premier ministre.

Heureusement ses soutiens se mobilisent  ; François, expliquent-ils, est compétent, sérieux, honnête mais il n’est mis en cause que parce qu’il est un jeune auvergnat et victime à ce titre de discriminations injustes. Position relayée par nombre d’associations masculinistes et régionalistes.

Sans grand écho. Preuve supplémentaire de cette discrimination ?

 

Je suis Charlie … mais je ne sais pas pourquoi.

Conjugaison

Ce matin-là Madame Badinter, la milliardaire héritière et présidente du conseil de surveillance de Publicis, groupe de publicité fondé par son père, était reçue sur la radio du service public. Pas en tant que capitaliste à vrai dire mais comme philosophe soutenant Charlie-Hebdo dans son laïcisme de combat.

Madame Badinter considère que la laïcité « à la française » est de mieux en mieux établie dans notre pays et nous protège des extrémistes de tout bord.  Pour elle il faut donc la promouvoir et la défendre sans relâche, Et voilà qu’une journaliste, Mlle Salamé, l’interpelle vivement sur une de ses déclarations récentes  : « Est-ce que la défense de la laïcité – qui est un combat nécessaire – va jusqu’à dire ce matin sur France Inter « Il ne faut pas avoir peur de se faire traiter d’islamophobe » ? Continuer la lecture

Mono modal

Meccano port

En juin, 2008 le Conseil de surveillance du Grand Port Maritime du Havre décidait de s’engager dans la réalisation d’un terminal multimodal unique en France.

Les opérateurs de transport combiné, qui acheminent les conteneurs débarqués au port,se montraient impatients de voir le projet lancé et d’y participer. « Le Havre, port majeur et porte d’entrée sur le Grand Paris, devait se doter d’un système d’optimisation du traitement de ses conteneurs. Le terminal multimodal, que nous partagerons avec des acteurs de qualité du transport combiné, est un outil industriel haut de gamme, élément majeur dans l’offre massifiée » déclarait le premier d’entre eux tandis que ses collègues renchérissaient : «nous avons besoin d’un système structuré et efficace nous permettant de traiter les conteneurs qui transitent par le port du Havre et notamment par Port 2000 : la plateforme havraise, avec ses deux postes fluviaux dédiés, nous offre la possibilité d’opérer ensemble sur un terminal multimodal et donc de développer plus largement des solutions alternatives au tout routier» « Un lieu de massification tel que la plateforme multimodale havraise, qui allie les différents modes, participe à pérenniser la confiance des clients et donc à augmenter les volumes traités » . Continuer la lecture

Embrassons-nous M. Le Foll

Vache et cochon

Des tables rondes qui tournent mal.

S’appuyant sur les termes de l’article 101 du Traité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne qui interdit notamment de « fixer de façon directe ou indirecte les prix et les conditions de transaction », de « limiter la production, les débouchés, les investissements… » et de « répartir les marchés ou les approvisionnements » la Commission européenne s’inquiète des multiples tables rondes organisées par M. Le Foll le ministre de l’agriculture au cours de l’année 2015.

Ces fonctionnaires à l’esprit étroit voient dans ces réunions des acteurs des filières porcine, bovine et laitière françaises organisées pour tenter de trouver des solutions aux crises récurrentes de ces filières autant d’incitations ministérielles à conclure  « un ou  plusieurs accords sur les prix et les restrictions sur les importations » parfaitement illégaux. Et des allégations de comportements anticoncurrentiels dans les déclarations faites à leur occasion par les organisations professionnelles agricoles, les entreprises des filières concernées et les enseignes de distribution, comportements qui pourraient constituer autant d’infractions .

Tous les participants aux tables rondes Continuer la lecture

Apatrides

Armées_des_émigrés

Le Gouvernement souhaitant  « sanctionner ceux qui par leurs comportements visent à détruire le lien social » en commettant des actes de terrorisme se propose de leur retirer la nationalité française.

Débat du jour : comment faire ?

Retirer sa nationalité à quelqu’un en fait un apatride. Sauf s’il dispose d’une autre nationalité.

D’où un dilemme :

  • soit créer des apatrides mais c’est mal. D’ailleurs la Convention de 1961 sur la réduction des cas d’apatridie de l’ONU prévoit que « Les Etats contractants ne priveront de leur nationalité aucun individu si cette privation doit le rendre apatride ». Principe également affirmé par la Convention européenne sur la nationalité de 1997 qui établit qu’« Un Etat Partie ne peut prévoir dans son droit interne la perte de sa nationalité [..] si la personne concernée devient ainsi apatride » ;
  • soit retirer la nationalité française aux seuls Continuer la lecture

Violences

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Une situation largement ignorée du grand public.

Mme Piot, psychanalyste et présidente de l’association Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir alerte : dans notre civilisation européenne 80 % des femmes handicapées sont victimes de violences : «Il peut s’agir de viols, d’agressions sexuelles, de maltraitances ou de brimades psychologiques ». Elle dénonce le sort fait à « Des femmes en situation de handicap, dans une société qui la plupart du temps les ignore, donc perçues comme vulnérables par certains hommes agressifs et cherchant à instaurer une situation de domination perverse face à des victimes qui dans l’obscurité, dans l’isolement, souvent dans leur milieu familial sont maltraitées, violentées». 

4 femmes handicapées sur 5 victimes de violences. Un chiffre effrayant.

Sachant que l’INSEE recense en France entre 1 million – selon une définition purement administrative – et 5 millions – au sens large  – de femmes présentant un handicap, Continuer la lecture