Oh Aurélie lit

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Mme Filippetti aime les bibliothèques.

En tant que ministre de la Culture elle avait fait de 2014 l’Année des Bibliothèques.

Pour elle « Au moment où la République doit réaffirmer ses valeurs, l’accès aux bibliothèques est un enjeu majeur » car « le développement de la lecture dans tous les territoires est le meilleur moyen de lutter contre l’obscurantisme ». Accompagner le premier réseau culturel de France, qui « donne accès à la culture et au savoir, via la connexion à Internet et assure l’égalité entre les citoyens et les territoires » pour qu’il propose toujours plus de services permet de « renforcer la médiation avec nos concitoyens les plus éloignés de la culture, et renforcer le sentiment de citoyenneté et l’animation de tous les territoires « .

Mme Filipetti a quitté gouvernement. Elle est retournée sur les bancs de l’Assemblée nationale, pour y faire la loi. Et elle peut y défendre les bibliothèques.

Et c’est ainsi qu’elle a déposé, seule, un amendement au projet de loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques. L’amendement 2625 prévoit que, dans le cadre de la discussion que les maires et les élus intercommunaux devront avoir pour autoriser l’ouverture des commerces le dimanche, ils soient tenus d’étudier aussi l’ouverture des bibliothèques ces mêmes dimanches.

Comme cela « le dimanche sera aussi ainsi un jour permettant aux citoyens de fréquenter davantage les bibliothèques et les médiathèques de leur territoire. »

Bizarre. Une commune n’a pas besoin que les commerces soient ouverts le dimanche pour décider l’ouverture des bibliothèques municipales. Beaucoup l’ont déjà fait, même si comme l’a déclaré la députée en soutenant son amendement la question est « difficile, surtout dans une période de forte contrainte budgétaire ».

Pour Mme Filipetti « cette disposition a le mérite, de ne pas faire de la culture un secteur inférieur aux activités commerciales ».

Alors que pour l’opposition « Franchement, les conseils municipaux ont autre chose à faire ! ». Elle s’insurge contre le risque d’empiétement sur l’autonomie de gestion des collectivités territoriales.

D’autant plus que légalement  le maire  a compétence pour déterminer seul, par voie d’arrêté, le régime d’ouverture des établissements de la commune , donc des bibliothèques. Aucun vote ni débat du conseil municipal n’est requis.

En revanche la loi impose lorsqu’on saisit le conseil municipal de décisions susceptibles d’avoir des conséquences sur le personnel communal de recueillir son avis préalable.

Concrètement le lien établi par l’amendement obligera un maire souhaitant poser la question de l’ouverture des commerces le dimanche au conseil municipal à saisir d’abord le « comité technique paritaire » sur l’ouverture des bibliothèques.

Et il n’est pas irréaliste d’imaginer que les organisations syndicales pourraient à cette occasion lancer un débat sur l’ouverture des commerces. Et gêner le maire.

Mme Filipetti ne fait pas mystère de son interêt pour les bibliothèques, ni de son opposition à la ligne économique de M. Macron, le ministre qui a déposé le projet de loi.

L’amendement a été adopté.S ns soutien du gouvernement.

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